Lee Majors est L’Homme qui valait trois milliards

Posté le mercredi 17 février 2021 par Izy Fly

Le 11 janvier 1975 débarquait sur la chaîne Antenne 2 une série révolutionnaire qui allait marquer toute une génération et devenir un succès planétaire. Elle allait placer un acteur au sommet de sa gloire dans une série novatrice, et allait faire de Lee Majors un des acteurs les plus populaire à travers le monde. Dans cet article, nous allons vous raconter, à travers ce formidable bond en arrière de plus de 40 ans, l’incroyable histoire de l’ascension de Lee Majors jusqu’au sommet de sa gloire pour son interprétation de Steve Austin dans la série télévisée communément appelée « L’Homme qui valait trois milliards » ou « The Six Million Dollar Man » dans sa version originale autre-atlantique.

Lee Majors est L’Homme qui valait trois milliards

Une enfance mouvementée

Harvey Lee Yeary, dit Lee Majors, est né le 23 avril 1939 à Wyandotte dans le Michigan, quelques mois après la mort de son père. Sa mère l’élève jusqu’à l’âge de deux ans puis décède dans un accident de la route. Lee est élevé par son oncle et sa tante dans le secret de son adoption jusqu’à ses douze ans, le moment où il apprend la terrible vérité. Il n’a alors plus qu’une idée en tête : se dépasser lui-même, notamment dans le football, sport de prédilection dans lequel il veut prouver à ses parents adoptifs qu’ils sont dignes du sacrifice qu’ils ont fait en l’adoptant. Mais à la suite d’une grave blessure lors d’un match de football qui le paralysa pendant deux semaines, il met un terme à sa future carrière de footballeur professionnel.

En 1962, il décroche un diplôme en histoire et en éducation physique qui le pousse à devenir enseignant.

Ses débuts à la télé

Lee Majors en 1973En 1963, Lee Majors déménage à Los Angeles et décroche un poste de responsable de loisirs au North Hollywood Park. Sur son lieu travail, Lee croise la route de Richard Clayton, ancien agent de feu James Dean, qui décèle en lui tout le potentiel de ce colosse de près d’un mètre quatre-vingt-dix. Richard Clayton inscrit Lee à l’école d’art dramatique de la Metro Goldwyn Mayer. C’est ainsi que Lee fait ses débuts à la télévision dans un petit rôle dans la série Police des plaines (Gunsmoke) en 1963 aux côtés de James Arness.

En 1965, CBS (réseau de télévision commercial américain Columbia Broadcasting System) souhaite lancer une toute nouvelle série, La Grande Vallée (The Big Valley), basée sur une saga familiale ayant pour toile de fond la conquête de l’ouest. Cette série raconte l’histoire de la famille Barkley à Stockton en Californie, avec pour tête d’affiche Barbara Stanwyck, une actrice de cinéma très populaire dans les années 30 et 40. Cependant, la chaîne de télévision désir lancer plusieurs jeunes acteurs jusqu’alors inconnus du grand public. C’est ainsi de Linda Evans, jeune actrice, fait ses débuts dans un véritable rôle, celui d’Audra Barkley, laquelle officiera par la suite dans la série Dynastie aux côtés de John Forsythe. Richard Long fera partie du casting dans le rôle de Jarrod, le fils aîné de la famille, ainsi que Lee Majors dans le rôle du fils illégitime Heath Barkley. Lee est très nerveux de travailler aux côtés d’une actrice de la stature de Barbara Stanwyck, à tel point que cette dernière le prend sous son aile et devient son mentor. En 1969 et au terme de 112 épisodes, la série s’arrête.

Lee enchaîne ensuite en 1971 avec la série Owen Marshall dans laquelle il officie en tant qu’assistant du procureur incarné par Arthur Hill. Mais c’était un rôle différent pour Lee qui n’est pas très à l’aise en costume-cravate enfermé dans une salle d’audience toute la journée. Et puis il faut dire aussi que c’est surtout la série d’Arthur Hill et Lee n’a pas grand-chose à faire à part s’asseoir autour de la table des avocats. Lee plaisante en disant que tout le temps libre faisait de lui un grand golfeur. Une série de 69 épisodes seront tournés entre 1971 et 1974 diffusés sur la chaîne ABC.

Le rôle qui le rend célèbre

En 1972, Martin Caidin, ancien pilote d’essai ayant participé aux côtés de Vernher Von Braun à la conquête spatiale en 1955 à Cap Canaveral, s’est reconverti en écrivain de romans de science-fiction et publie son tout dernier livre Cyborg. C’est un succès foudroyant en librairie, si bien que l’idée vient à Richard Irving, vice-président d’Universal Télévision, de l’adapter sous la forme d’un téléfilm. Quelques années auparavant en 1967, Richard Irving avait réalisé et produit l’épisode pilote de la série Columbo intitulé « Inculpé de meurtre ».

Le roman de Caidin, Cyborg, raconte l’histoire d’un dénommé Steve Austin, astronaute et pilote d’essai pour na NASA. Victime d’une avarie qui le contraint à un atterrissage en catastrophe, Austin perd ses deux jambes, son bras droit ainsi que son œil gauche. Le gouvernement demande alors au docteur Rudy Wells, un scientifique spécialisé dans la greffe révolutionnaire de prothèses bioniques, de remplacer les membres perdus par Steve lors du crash pour un coût total de six millions de dollars – d’où le titre de la version américaine. Cet appareillage confère à Steve une force spectaculaire et fait de lui un cyborg. En échange de cette opération, Steve doit remplir des missions pour le gouvernement. Caidin, consultant sur la série, désir que l’acteur Monte Markham joue le rôle de Steve Austin, mais le studio veut Lee qui à cette époque est bien connu et populaire auprès des téléspectateurs. Le scénario prend alors le titre de L’Homme qui valait trois milliards et atterrit dans les mains de Lee Majors qui interprétera le colonel Austin.

Le pilote d'essai Bruce PetersonDans l’épisode pilote intitulé La lune et le désert, inédit en France, le colonel Austin, un astronaute américain chevronné, doit réaliser un atterrissage à bord d’un avion expérimental pour le compte de la NASA. Victime d’une avarie, il perd le contrôle de son appareil et atterrit en catastrophe. Les images qui serviront de toile de fond au générique du téléfilm et de la série télé ne sont pas tournées en studio mais utilisent le film du vrai crash d’un prototype piloté par Bruce Peterson. Le véritable pilote d’essai, qui survécu d’ailleurs à l’accident, perdit la vision d’un œil à la suite d’une infection contractée à l’hôpital. Peterson ne savait pas que les images de son crash allaient servir pour une série TV et se plaignait de voir son accident souvent diffusé à la télévision…

Suite et autres personnages

Le docteur Rudy Wells est interprété par Martin Balsam, comédien à la carrière internationale prestigieuse. Darren McGavin quant à lui interprète le rôle d’Oliver Spencer, se substituant ainsi au personnage d’Oscar Goldman présent dans le roman original de Caidin. Dès sa diffusion sur la chaîne ABC, le succès est fulgurant. ABC reçoit des milliers de lettres de fans, à tel point qu’une suite est rapidement mise en chantier.

Pour le second téléfilm, Vin, vacances et vahinés, Richard Irving s’entoure des meilleurs producteurs de l’époque, parmi lesquels Glen A. Larson qui s’occupera également du scénario et sera plus tard à l’origine de séries telles que Battlestar Galactica, Buck Rogers, K 2000 (Knight Rider) et L’Homme qui tombe à pic, aussi appelée Le Cascadeur. Pour des raisons économiques, Martin Balsam, qui interprétait le docteur Rudy Wells dans le pilote, sera remplacé par Alan Oppenheimer qui prêtera ses traits pour le second téléfilm ainsi que la série jusqu’à la saison trois. Martin E. Brooks le remplacera jusqu’à la fin de la série en 1978. Le personnage d’Oliver Spencer disparaît et c’est le personnage original du roman de Caidin, Oscar Goldman, qui reprend sa place, incarné par Richard Anderson dès le début du deuxième téléfilm en 1973. Richard Anderson avait fait ses débuts dans la série Zorro en 1958 aux côtés de Guy Williams. Eric Braeden joue le rôle du méchant de service dans ce second téléfilm, lequel interprétera par la suite, en 1980, le personnage de Victor Newman dans Les Feux de l’Amour. David McCallum fait également partie du casting. Il fut une des stars internationales dans les années 60 pour rôle d’Illya Kuryakin dans la série Des agents très spéciaux aux côtés de Robert Vaughn. McCallum prêtera également ses traits par la suite pour incarner le docteur Daniel Westin dans la série TV L’Homme invisible en 1975.

Des téléfilms à la série

Un autre téléfilm, Un otage qui vaut de l’or, verra la jour puis en 1974, la décision de réaliser une série hebdomadaire va très vite s’imposer. Diffusée aux États-Unis sur la chaîne ABC du 18 janvier 1974 au 6 mars 1978, la série connaît un succès qui ne s’est jamais démenti. Le personnage de Steve Austin devient rapidement une icône de la culture populaire de la décennie et contribue à faire de Lee Majors une star confirmée. De plus, l’attrait de la série chez les jeunes entraîne la production de plusieurs produits dérivés qui vont de la figurine articulée à l’effigie du colonel Austin à une adaptation originale en bande dessinée.

C’est Oliver Nelson, compositeur et arrangeur de jazz qui compose la musique ainsi que le thème principal de la série.

Le plan du bloc opératoire vu maintes fois dans le générique de début est un réemploi d’une scène de la série Columbo, saison 2 épisode 6, intitulé Le Spécialiste.

Doublage

La direction artistique du doublage de la version française de L’Homme qui valait trois milliards est confiée à Jacques Deschamps qui prête également sa voix pour incarner le personnage d’Oscar Goldman. Dominique Paturel incarnera quant à lui la voix française du colonel Austin, lequel doublera par la suite Robert Wagner dans Pour l’amour du risque et J.R. dans la série Dallas. Le changement des voix dans la série s’explique par le fait qu’une partie des épisodes sont doublés au Québec. Pour la version québécoise, c’est Michel Dumont qui prêtera sa voix pour incarner le colonel Austin.

Lors du doublage, le terme bionique est abandonné au profit du mot bio ionique, un terme inventé mais beaucoup plus long et qui permet aux doubleurs de respecter le mouvement des lèvres des acteurs américains qui traînent sur le « i ». Les doubleurs peuvent ainsi couvrir l’amplitude de ce mot prononcé en langue anglaise.

Super Jaimie

Au cours de la saison 2 apparaît le personnage de Jaimie Sommers, la femme bionique interprétée par Lindsay Wagner dans un épisode spécial en deux parties imaginé par le scénariste Kenneth Johnson. Jaimie est professeur de tennis et amie d’enfance de Steve. Ils sont sur le point de se marier, mais au cours d’un saut en parachute, ce dernier part en vrille et Jaimie s’écrase sur le sol en y laissant deux jambes, son bras ainsi qu’une oreille défectueuse. Steve, avec l’accord de Jaimie, demande alors à Oscar Goldman de pratiquer la même intervention qu’il a subie et fait de Jaimie une femme bionique. Mais cette dernière meurt à la fin du téléfilm à la suite d’un caillot logé dans son cerveau.

Lindsay Wagner est Super Jaimie

ABC reçoit alors une avalanche de lettres de protestation de la part des fans de la série et décide donc de reconduire le personnage de Jaimie Sommers dans la saison trois où l’on apprend qu’elle a été congelée et réanimée par une technique révolutionnaire. Les scénaristes, désireux de lancer une toute nouvelle série pour compenser les légères baisses d’audience de la série L’Homme qui valait trois milliards, décident de la rendre amnésique suite à son opération de réanimation. Ne se souvenant plus de la relation entretenue avec Steve, Jaimie, à la fin de l’épisode, quitte la série pour ressurgir dans une toute nouvelle série qui lui sera entièrement consacrée et qui portera le nom de Super Jaimie. La série est réalisée par Kenneth Johnson, lequel par la suite sera à l’origine de la série L’Incroyable Hulk en 1977. Dans l’épisode 5 de la seconde saison, on apprend l’existence d’un deuxième homme bionique, Barney Miller, l’homme de 7 milliards, interprété par Monte Markham qui fut pressenti pour le rôle de Steve par Caidin. Barney est un pilote automobile qui, victime d’un accident, perd ses deux jambes et ses bras. Il est reconstruit par le docteur Wells, mais contrairement à Steve, il ne supporte pas d’avoir des éléments mécaniques greffés sur son corps, ce qui le rend dépressif et incontrôlable. Au cours de la saison 4, Lee Majors décide de se laisser pousser la moustache, ce qui ne plaira guère aux fans de la série et ce dernier la rasera par la suite.

Fin de la série

Finalement, à force d’user des mêmes ficelles, la série s’essouffle, notamment à cause des scénarios souvent trop répétitifs. En 1978, la baisse de l’audimat sonnera le glas de cette fabuleuse série au terme de trois téléfilms et cinq saisons, totalisant 99 épisodes.

L’Homme qui valait trois milliards a marqué toute une décennie, notamment grâce à l’interprétation de son acteur principal, Lee Majors, un acteur authentique qui savait faire passer des émotions avec un certain regard ironique sur la vie de part son passé forgé dans la douleur.

Après la fin de la série en 1978, Lee Majors commence une traversée du désert, mais il n’a pas dit son dernier mot. Il reviendra sur les écrans en 1981 avec un autre personnage, Colt Seavers de L’Homme qui tombe à pic, qui continuera à alimenter toute sa notoriété.

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